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Dernière mise à jour : 23/07/2009 IntroductionD'une manière générale, pour qu'un arbre soit en bonne santé, il faut que la terre (substrat) soit bien adaptée à ses besoins physiologiques. Pour qu'il n'y ait pas de confusion, on appellera substrat un composé de matières organiques et inorganiques, plutôt que terre, terme trop général et imprécis. Ce que l'on appelle généralement "terre", le support de plantation, est un composé de différentes matières solides (argile, roches, métaux, fibres végétales décomposées) de différentes grosseurs et qualités. Le substrat dans lequel est planté l'arbre sert à la fois à le maintenir en place (support), à le nourrir par les éléments nutritifs contenus et ajoutés, et par l'eau qu'il contient, indispensable à toute forme de vie (sur Terre). Ce sont les racines qui permettent à l'arbre de puiser l'eau et les éléments nutritifs dont il a besoin. Pour qu'un arbre soit en bonne santé, il lui faut des racines elles-mêmes en bonne santé. L'interdépendance entre la santé des racines et celle de l'arbre est plus importante pour des arbres en pots que pour des arbres dans la nature. Pour nos bonsaï, il est vital de leur assurer à chaque rempotage un substrat approprié. Trois éléments fondamentaux se combinent à l'intérieur d'un bon substrat : l'eau, l'air et la matière support. L'équilibre entre ces trois éléments dépendra de la capacité du substrat à rester homogène entre chaque rempotage. Un bon substrat doit satisfaire aux différentes fonctions suivantes : drainage, aération, rétention d'eau et d'éléments nutritifs. Ces qualités sont assurées par la qualité de la matière support utilisée, et des éléments ajoutés ou non, pour parfaire éventuellement ses qualités primaires de drainage, de rétention d'eau et d'aération. Les qualités d'un substratDrainagePour assurer un bon drainage, la "matière support" doit être composée de gros grains (de 2 à 10 mm). En effet, entre les grains, des espaces se créent, conservant entre eux, par capillarité et électro-osmose, une bonne proportion d'eau et d'air. Chaque grain de matière agit comme une éponge absorbant l'eau qu'il peut contenir ou qu'il peut maintenir à sa surface. Ainsi, plus les grains sont gros, plus les pourcentages d'eau et d'air sont élevés, entre eux. Ces espaces plus grands favorisent la migration de l'eau et des éléments nutritifs vers l'ensemble des grains de matière, à l'intérieur du pot à bonsaï. Ils favorisent également l'élimination de l'eau superflue. A l'inverse, plus les particules ou grains de matière sont fins, moins le pourcentage d'eau et d'air est élevé et moins l'eau circule entre les grains. Car il y a moins d'espace entre les grains. La circulation de l'eau est donc freinée. C'est un peu le même principe qu'une autoroute, on y circule plus vite et plus nombreux que sur une route départementale vite encombrée et où les véhicules finissent par s'arrêter ne pouvant plus avancer. Avec un substrat trop fin, il y a donc danger de stagnation d'eau, ce qui peut entraîner la pourriture des racines par asphyxie. AérationLes espaces entre les grains de matière permettent d'emprisonner l'air en quantité suffisante. L'arbre a besoin de l'oxygène contenu dans l'air entre les grains de matière pour pouvoir accomplir l'absorption des éléments nutritifs. Les micro organismes contenus dans le substrat ont eux aussi besoin d'une certaine quantité d'air pour vivre et accomplir l'indispensable décomposition des éléments organiques en très fines particules que les racines pourront ensuite assimiler facilement. RétentionLa matière support qui compose le substrat doit être hydrophile, c'est à dire qu'elle doit absorber l'eau par capillarité et la retenir, tout en conservant sa structure homogène en grains pour permettre la captation de l'eau et de l'air entre les grains, puis l'évacuation du surplus. Une bonne "matière support" est donc celle qui retient l'eau et les particules dissoutes nécessaires à la nourriture de l'arbre. C'est notamment le cas de l'Akadama. Pour comprendre ces phénomènes de rétention, de drainage et d'aération du substrat, on peut tout aussi bien imaginer de comparer les billes (grains fins) et les ballons de foot (gros grains) de notre enfance. L'échelle entre ces objets est facilement visualisable. Comparativement, les surfaces en contact de 2 ballons de foot, placés l'un contre l'autre, sont plus importantes. Les échanges d'humidité, mais aussi de substances très fines comme les sels minéraux, entre les deux, s'en trouvent facilités. Au contraire les surfaces de contact de 2 billes sont plus petites. La circulation de particules extrêmement fines entre deux grains fins est ralentie. Si l'on considère maintenant la juxtaposition de 3 ballons de foot. Chacun d'entre eux est en contact avec les deux autres, en formant un triangle. L'espace du milieu, entre les 3 ballons, est plus grand que si l'on imagine l'espace médian entre 3 billes. Cet espace, entre 3 grains gros, permet un plus grand stockage d'air et une circulation plus importante d'eau, en proportion. Ce qui facilite l'apport et le stockage de substances nutritives mais également favorise la pousse des racines dans ces vides d'air. Autre comparaison encore plus flagrante : à la plage, un château de sable sera d'autant plus facile à construire que le sable humide sera fin. Un sable grossier, mouillé, ne permet pas de sculpter le sable. Les gros grains. s'assemblent mal et bougent plus facilement du fait de la quantité d'air retenu, plus importante proportionnellement. Le sable fin aggloméré est, lui, plus dense et plus résistant qu'un sable grossier, jusqu'à devenir très dur. Les grains fins sont mieux maintenus ensemble par l'eau et la quasi absence d'air. De même, plus un substrat contiendra des grains fins, plus il sera dense, car proportionnellement moins riche en air. L'eau aura plus de mal à y pénétrer et à en sortir. De ce fait, les racines y éprouveront plus de mal à pousser et les risque d'asphyxie et de pourrissement plus grands. La "matière support" en gros grain absorbe l'eau plus ou moins facilement, selon ses propriétés hydrophiles. Mais à l'arrosage, le substrat de grains gros ne conserve que la quantité d'eau que chaque grain de matière peut absorber, le reste s'évacue par les trous au fond du pot, grâce à la facilité de circulation de l'eau. Il n'y a ainsi aucun risque de stagnation d'eau dommageable pour la santé des racines. En corollaire à l'emploi de gros grains pour composer un substrat, les bases des arbres devront être fixés par un autre moyen mécanique, fils d'aluminium fixés par les trous de drainage ou haubanage du tronc, alors qu'un substrat très fin, suffit généralement, à lui seul, à maintenir un arbre en pot. Les composants d'un bon substratLes matières supportL'Akadama C'est une terre argileuse d'origine volcanique, en provenance du Japon, légèrement recuite au four. Après concassage, traitement et séchage, son aspect est celui de grains homogènes, au PH neutre, et conservant après arrosage un taux d'humidité excellent, humidité libérée au fur et à mesure des besoins des racines. Sa couleur ocre clair à l'état sec devient ocre rouge à l'arrosage, ce qui permet de reconnaître d'un coup d'œil les besoins en eau du substrat. Cette terre est dépourvue de substances nutritives. Il faudra donc apporter au substrat des fertilisants en quantités très importantes. Sa perméabilité lui confère une excellente capacité à emmagasiner et à restituer les nutriments et oligo-éléments. Elle est également dépourvue de substances pathogènes car stérile : insectes, virus ou champignons en sont exclus. L'Akadama s'avère être la base de tout bon substrat pour nos bonsaï. On peut l'utiliser pure sans autre ajout, ou majoritairement, associée à d'autres matériaux drainants. Toutefois, les grains d'akadama ont tendance à se déliter, à se dissoudre à la longue, rendant moins drainant l'ensemble du substrat. L'akadama doit être systématiquement tamisée pour éliminer la poussière et les grains trop fins. La Kanuma La kanuma présente des qualités très proches. A privilégier pour les espèces réclamant un substrat plus acide, comme les rhododendrons, camélias, etc… Les matières associées inorganiquesLes roches concassées D'origine volcanique comme le pouzzolane, la pumice, le kyriu ou la lutite. Ces matières possèdent une très bonne rétention en eau, grâce à leur porosité, et participent aux échanges des substances minérales. Autre avantage : aucun élément pathogène à bord. Pouzzolane, kyriu, pumice et lutite, composés associés à l'akadama offrent une très bonne rétention d'eau et surtout ne se dissolvent pas et permettent ainsi de maintenir une bonne cohésion du substrat, un bon drainage et une bonne aération du substrat sur plusieurs mois. Le sable dit quartzique Il peut également être considéré comme intéressant car économique, associé à l'akadama, à condition que les grains soient suffisamment grossiers et bien lavés. Toutefois sa capacité de rétention d'eau est très insuffisante. Les éléments associés organiquesTourbe blonde Produite par la décomposition lente et naturelle de végétaux. Sa rétention en eau est excellente et elle participe très bien dans les apports d'éléments nutritifs, sels minéraux notamment. Inconvénients : elle doit être humide en permanence. Tout séchage la rend presque hydrophobe. Du fait de son excellente capacité de rétention, elle permet de contenir plus longtemps un bon taux d'hygrométrie, en cas de forte chaleur. Terreau (dit de feuilles) Comporte à peu près les mêmes caractéristiques que la tourbe, avec une rétention d'eau moindre, en apportant essentiellement des substances nutritives de par son état de décomposition plus ou moins important. Il apporte immédiatement, en association avec l'akadama ou les roches, une flore bactérienne déjà installée, propice à la nutrition de l'arbre.
Ecorce de pin Elle favorise le développement des mycorhizes et des micro-organismes qui participent de la décomposition des matières organiques apportées par les engrais, pour permettre une meilleure et plus rapide assimilation des minéraux par les racines. Son PH est plus acide et convient bien aux espèces acidophiles comme les pins. Charbon de bois Le charbon de bois "purifie" le substrat en étant anti cryptogamique (contre les champignons). Très dilué dans l'eau d'arrosage, il permet, en fin de saison, de rendre moins acide un substrat fortement fertilisé. A proscrire absolument : la terre du jardin, les terres avec appellation "végétales" dans les jardineries. En conclusionUn bon substrat sera composé d'un seul ou de plusieurs de ces matériaux, selon les espèces, la taille ou l'âge de l'arbre à rempoter et ses nécessités de culture. Schématiquement s'il faut accroître un pain racinaire pour faire grossir un tronc notamment, il faut un substrat composé de préférence de grains gros qui favoriseront le développement de racines longues. La culture d'un arbre jeune, en cours de développement et de formation, réclamera un substrat composé plus spécifiquement de gros grains de tailles homogènes (5 à 10 mm), alors qu'un arbre bien formé pourra se contenter d'un substrat de grains plus fin (2 à 5 mm) mais toujours très drainant et éventuellement associé à du sable gros, pouzzolane, pumice, etc…pour maintenir l'aération et le drainage du substrat, lorsque l'akadama finit pas se déliter. La composition du substrat, les pourcentages des matières mélangées, la grosseur des grains, est l'affaire de chacun. A l'usage, j'observe que les "recettes" sont nombreuses, empiriques, avec parfois encore des "vieux" réflexes découlant d'idées reçues. Le substrat à privilégier doit, de préférence, comporter une forte proportion d'akadama. Certains amateurs l'utilisant pure ou majoritaire et associée au pouzzolane, kyriu, pumice ou lutite. Ces matières sont parfois employées pures, avec en contrepartie une fertilisation accrue et très suivie. Les principes étant d'abord : la bonne maîtrise de l'arrosage par un drainage efficace tout en permettant une très bonne répartition de l'eau et des particules nutritives dissoutes vers la totalité des racines. Toutefois, l'utilisation d'akadama et de roches implique une vigilance accrue de l'humidité du substrat, lors des fortes chaleurs, l'été. Le terreau et la tourbe, en proportion même légère, sont de moins en moins utilisés. L'apport d'engrais organiques performants en boulettes, à décomposition lente ou sous forme liquide, les apports associés d'oligo-éléments et de métaux, compensent largement les éléments nutritifs contenus dans le terreau ou la tourbe, sans leurs inconvénients. Propos recueillis par Frédéric Bridel |
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