Le projet collectif « Marcottage sur différentes espèces » (février 2005 à octobre 2007) a permis de mettre en évidence les points-clé de la technique du marcottage. Cette fiche en présente la synthèse.
Le marcottage aérien consiste à créer des racines sur une branche encore solidaire du pied-mère. Cette technique très efficace pour obtenir rapidement des sujets intéressants est d'ailleurs couramment employée par les pépiniéristes professionnels.
Pour l'amateur de bonsaï, les plants créés avec cette technique possèdent généralement un nébari (base des racines) de bonne qualité, avec des racines disposées « en étoile » autour du tronc. En outre, le marcottage est également utile dans le cas d'un arbre greffé : en marcottant au dessus du point de greffe (qui peut devenir trop voyant avec les années), on obtient un nouveau sujet sans ce défaut.
Il est possible de marcotter un arbre dès que les branches sont lignifiées. Toutefois, excepté dans le cas d'un exercice d'entraînement, il est important de sélectionner un futur bonsaï possédant des qualités esthétiques qui en feront un beau sujet : courbes intéressantes, diamètre du tronc, etc.
Le marcottage aérien peut être mis en place au printemps, après les dernières gelées. Pour plus de réussite, il vaut mieux attendre que les feuilles soient entièrement ouvertes.
Le jeune plant pourra être séparé du pied-mère au printemps suivant. Si la quantité de racines est suffisante, la séparation de la marcotte peut être tentée en automne, à condition de protéger la jeune marcotte des gelées et de la déshydratation, par exemple avec un paillage de polystyrène. Certains amateurs protègent leurs jeunes marcottes en les plaçant sous une couche de fumier décomposé, toutefois cette méthode implique une certaine prudence, le fumier a tendance à dégager beaucoup de chaleur pendant le processus de décomposition.
La base du marcottage est d'interrompre le flux de sève. A cet endroit naîtront de nouvelles racines. Selon les espèces, le flux de sève sera interrompu par la pose d'un anneau de cuivre ou par retrait d'un anneau d'écorce. Dans ce dernier cas, il faut veiller à enlever la totalité du cambium, de façon à interrompre complètement le flux de sève et forcer l'arbre à développer de nouvelles racines. La largeur de l'anneau doit être suffisante, une fois et demie le diamètre du tronc semble une bonne mesure. Par exemple, pour marcotter une branche de diamètre 3 cm, on découpera un anneau de 3 x 1,5 = 4,5 cm
Il faut ensuite entourer cette zone avec un substrat humide, akadama ou sphaigne, et protéger le tout à l'aide d'un pot en plastique, d'un film plastique, ou même une bouteille en plastique taillée sur mesure. Les contenants fermés (bouteille ou film plastique) permettent de mieux conserver l'humidité et d'éviter ainsi la déshydratation des racines, notamment par temps chaud. La seule contrainte pour une marcotte en godet, c'est qu'il faut pouvoir maintenir le « substrat » toujours humide. D'autre part, le plastique transparent permet également de surveiller l'état des racines sans devoir manipuler la plante.
Pendant les mois qui suivent, la plante en cours de marcottage sera régulièrement tournée, afin que les racines se développent régulièrement de tous côtés.
L'année suivant la séparation des racines, la jeune marcotte est particulièrement faible. Les seuls soins consisteront à laisser pousser librement le jeune plant et à le fertiliser.
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