Bien souvent, La première question posée par les débutants ne concerne pas les détails techniques, mais plus simplement : Comment garder en bonne santé le bonsaï que l'on vient de m'offrir ? L'objectif de cet article est de vous donner les bases suffisantes pour soigner correctement votre arbre. En suivant ces lignes directrices, vous éviterez la plupart des erreurs courantes. Et par la suite, vous pourrez adapter ces conseils en fonction de votre expérience.
Les Bonsaï requièrent des soins différents selon leur origine : tropicale ou de zone tempérée. Toutefois, le terme « bonsaï d'intérieur » est simplement une appellation commerciale. Aucun arbre ne pousse naturellement à l'intérieur ! Par commodité, dans cet article, nous emploierons le terme bonsaï d'intérieur pour désigner l'ensemble des plantes de climat chaud : plantes tropicales, méditerranéennes, d'orangerie, etc., mais sans oublier que ces bonsaï sont de véritables arbres, pas des bibelots à poser sur un meuble au fond d'une pièce sombre !
Les bonsaï d'intérieur demandent quelques précautions pendant l'hiver, mais doivent passer la belle saison dehors. Certaines espèces comme le ficus ou la crassula peuvent éventuellement supporter une exposition à l'intérieur toute l'année, collés à une fenêtre, mais leur développement sera tout de même ralenti et leur entretien délicat ; Ces arbres seront alors très sensibles aux parasites et maladies, la moindre erreur de culture ou défaut d'arrosage sera sanctionné par une perte de feuilles ou le dessèchement de branches. Quelques exemples d'arbres de climat chaud : Aralia, Araucaria, Bougainvillea, Crassula, Dracanea, Ehretia, (Carmona microphylla), Ficus, (figuier), Ligustrum (troëne : L. chinensis & L. Japonicum), Murraya, Nandina, Podocapus, Rhapis, Sageretia, Schefflera, Sérissa foetida (neige de juin), Ulmus parvifolia (orme de Chine).
De même, le terme « bonsaï d'extérieur » désignera tout au long de cet article les espèces d'origine tempérée : les conifères, ou arbres à aiguilles (Pin, Épicéa, ...), les arbres caducs(érable, aubépine, ...) ainsi que les persistants à grandes feuilles (buis, lierre, ...). Ces espèces sont adaptées aux climats tempérés et doivent passer toute l'année à l'extérieur, même si certaines essences nécessitent une protection hivernale. Quelques exemples de bonsaï d'extérieur : Berberis, Carpinus (charme), Cotoneaster, Crataegus (aubépine), Hedera (lierre), Larix (mélèze), Ligustrum (troëne : L. Vulgare), Rhododendron (Azalée), Salix (saule), Taxus (If).
L'exposition idéale d'un bonsaï est légèrement différente selon qu'il s'agit d'un bonsaï d'intérieur ou d'extérieur.
Les Bonsaï d'intérieur ont les caractéristiques suivantes :En été, ces arbres – malgré leur nom – seront impérativement... à l'extérieur ! Si vous n'avez pas de jardin, placez-les sur un balcon ou même en aménageant un support stable sur un rebord de fenêtre. Leur croissance sera plus vigoureuse, et ils seront beaucoup plus résistants aux parasites et maladies. La plupart des bonsaï d'intérieur ne supportent pas le gel. Pendant la saison froide, placez-les en serre froide à l'abri du gel, ou à défaut près d'une fenêtre dans une pièce fraîche, ensoleillée, avec une atmosphère suffisamment humide. Au besoin, utilisez des humidificateurs. Certains emplacements doivent être évités à tout prix :
Les Bonsaï d'extérieur – comme leur nom l'indique – doivent être placés... à l'extérieur ! Rappelez-vous que ce sont de véritables arbres. Ils sont moins délicats que les bonsaï d'intérieur, à condition de respecter leurs conditions de vie.
Du printemps à l'automne, vous pouvez placer les arbres tels les pins et les zelkovas en plein soleil, tandis que les essences de mi-ombre, comme les noisetiers et les érables apprécieront d'être protégées l'après-midi (sinon, le bout de leurs feuilles risque de griller). Vous apprendrez l'exposition optimale de chaque espèce à l'aide d'un bon livre sur les bonsaï, en consultant les nombreuses fiches techniques disponibles sur Internet, et de façon plus pertinente en observant l'arbre considéré dans son habitât naturel. En cas de doute, placez votre bonsaï de façon à ce qu'il reçoive le soleil du matin mais qu'il soit protégé au cours de l'après-midi, lorsque le soleil est le plus brûlant.
En hiver, vos bonsaï sont au repos. Vous leur permettrez de passer la saison froide dans les meilleures conditions en prenant un minimum de précautions : Placez-les dans une pièce extérieure non chauffée (garage, atelier), dans votre jardin en enterrant leur pot de façon à ce que la terre ne gèle pas, ou en les recouvrant d'un voile d'hivernage, disponible en jardinerie. Ne placez jamais vos arbres d'extérieur dans une pièce chauffée en hiver ! Ils ont absolument besoin d'une période de repos. J'ai eu l'occasion de présenter certains de mes bonsaï lors d'une exposition qui se déroulait au mois de janvier, dans un local chauffé. En quelques jours, les bourgeons se sont ouverts . Cette croissante imprévue a très fortement affaibli les arbres, le taux de perte a dépassé les 25% !
Quelques Remarques
Dans la mesure du possible, préparez l'emplacement de votre protégé avant son arrivée. Votre bonsaï a besoin d'une période d'adaptation lorsqu'il arrive chez vous. Il est courant qu'un bonsaï d'intérieur perde de nombreuses feuilles dans les jours qui suivent son arrivée. Une fois que votre arbre est installé, évitez de le déplacer sans cesse ! Chaque déplacement cause un stress, nécessitant à chaque fois une nouvelle adaptation du végétal.
La plupart des arbres vendus en grandes surface sont plantés dans une argile très compacte. Cette terre est idéale pour le transport, mais possède de très sévères défauts : elle devient compacte en séchant, très dure à réhydrater. La culture d'un bonsaï dans un tel substrat\footnote{mélange terreux dans lequel le bonsaï est planté} est extrêmement délicate, l'arbre est condamné à moyen terme. Vous devez donc dans ce cas remplacer l'argile par un substrat plus adapté : akadama ou mélange pouzzolane et terreau.
- Si vous achetez votre arbre au printemps, effectuez un rempotage : remplacez l'ensemble du substrat par un mélange plus adapté, et taillez les racines de votre bonsaï. La description détaillée de cette opération dépasse le cadre de ce guide, le lecteur se reportera à un article spécialisé.
- Si vous achetez votre arbre en dehors de sa saison de rempotage, effectuez plutôt un transpotage : placez votre bonsaï et sa terre dans un pot plus grand, contenant une terre bien drainante. Vous rempoterez votre arbre au prochain printemps.
L'arrosage des bonsaï est sans doute l'opération qui requiert le plus de compétences. En effet, si l'arbre manque d'eau, il sèche et meurt, mais s'il est détrempé en permanence, ses racines pourrissent et ... il meurt. Des articles spécialisés décrivent très précisément les techniques d'arrosage, mais les quelques conseils ci-dessous vous permettront d'éviter la plupart des erreurs courantes.
Arrosez copieusement votre bonsaï, puis laisser sécher légèrement la surface du substrat. La fréquence d'arrosage varie de quelques heures en été à plusieurs jours en hiver. Elle dépend de nombreux facteurs : espèce, taille de l'arbre, quantité de terre dans le pot, surface de terre, présence ou non de mousse en surface, température extérieure, vent, ... L'amateur doit donc observer son bonsaï afin d'adapter l'arrosage en quantité et en fréquence. Plusieurs méthodes peuvent vous aider à déterminer si le substrat est sec ou humide :
N'arrosez pas un bonsaï d'intérieur avec de l'eau trop froide, le choc thermique pourrait causer la chute des feuilles. Mettez l'eau dans un récipient quelques heures avant l'arrosage, ainsi elle sera à la température ambiante. Arrosez avec un arrosoir à pomme fine, n'envoyez pas des trombes d'eau sur ce pauvre arbre ! cela tasserait (on dit également « plomberait ») la terre et la rendrait moins absorbante.
Si vous avez oublié d'arroser un bonsaï, il est inutile de l'arroser de façon habituelle, car sur une terre desséchée, l'eau coule hors du pot sans imprégner le substrat. Suivez plutôt la procédure suivante :
En hiver, surveillez vos bonsaï, qu'ils soient d'intérieur ou d'extérieur. Les arbres consomment de l'eau pendant la saison froide, même si les quantités sont réduites. Sans surveillance, il est possible de perdre un arbre par déshydratation en hiver.
Contrairement à ce qui est indiqué dans la plupart des ouvrages, il n'est ordinairement pas nécessaire de vaporiser les bonsaï. Sans être néfaste, cette pratique n'est pas utile à la survie de votre arbre. Et surtout, la vaporisation ne remplace pas l'arrosage ! La quantité d'eau vaporisée est bien trop faible pour assurer l'hydratation de l'arbre. Par contre, en été, par temps sec, la vaporisation d'eau sur la face inférieure des feuilles permet de prévenir l'installation de parasites tels que les acariens (ils détestent l'eau).
Si vous voulez augmenter l'hygrométrie\footnote{proportion d'eau présente dans l'air}, plusieurs solutions s'offrent à vous. En extérieur, si vous le pouvez, arrosez toute la zone entourant vos bonsaï. En hiver, placez des humidificateurs sur vos radiateurs. Une autre solution consiste à poser vos bonsaï sur un plateau contenant des graviers ou des billes d'argile. L'eau d'arrosage en surplus va couler dans les graviers et restituer une certaine humidité atmosphérique (figure 1). Remarque : ce système ne génère qu'une faible différence d'hygrométrie.

Fig1. L'eau d'arrosage en surplus s'évapore et augmente légèrement l'hygrométrie.}
Les bonsaï sont des arbres en pot. Étant donné le faible volume de terre, des apports d'engrais sont nécessaires. Le domaine de l'engrais est très vaste, et il semble que chacun ait son opinion sur le sujet, aussi je vous propose certaines règles de base, que vous pourrez compléter en fonction de vos lectures et surtout de vos observations.
Plusieurs formes d'engrais existent. Leur description dépasserait le cadre de ce guide, les lecteurs intéressés se reporteront à l'article La fertilisation des bonsaï (pdf). La méthode ci-dessous utilise un engrais liquide, disponible en jardinerie ou même en hypermarché :
Les parasites et maladies des bonsaï sont les mêmes que ceux des arbres de grande taille, mais les dimensions réduites des victimes les rend particulièrement sensibles : une attaque de chenilles sur un arbre de 20 centimètres peut être désastreuse. Plusieurs moyens de lutte sont à votre disposition :
En plus de ces produits de traitement, il existe également des moyens de lutte parfaitement naturels et très efficaces (Voir l'article « traitements naturels », format pdf).
La stratégie d'ensemble :
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